Premier cas avéré de censure de l’ère Sarkozy, première info exclusive du site citoyen rue89.com. Rue89.com est un…

Premier cas avéré de censure de l’ère Sarkozy, première info exclusive du site citoyen rue89.com. Rue89.com est un nouveau site citoyen, en ligne depuis le 6 mai 2007, 18 heures. Christophe Tisseyre et Matthieu Martin étaient présents le jour du lancement. Autour d’anciens du quotidien Libération, une équipe jeune et motivée travaille depuis plusieurs mois sur ce projet d’un nouveau quotidien du web. Ils sont pour l’instant tous bénévoles, le temps de se développer et de trouver un modèle économique viable. Car c’est bien l’argent le nerf de la guerre, et celui d’une information rigoureuse.

Leur premier scoop, selon les journalistes Guillaume Bouchet et Pascal Riché de rue 89.com, le Journal du Dimanche, qui appartient au groupe Lagardère, aurait renoncé à la dernière minute à publier un article relatant comment Nicolas et Cécilia Sarkozy avaient passé leur dernier dimanche, le 6 mai, jour du second tour. Avec une information choc: Cécilia, l’épouse du candidat, a ce jour-là renoncé à exercer son droit de vote. Un coup de fil d’Arnaud Lagardère aurait conduit le directeur de la Rédaction, Jacques Espérandieu, à retirer au dernier moment l’article du « menu » du journal.
Jacques Esperandien a confirmé le retrait de l’article mais cette décision aurait été prise par « lui-seul sans intervention d’Arnaud Lagardère »… »On ne l’a pas publié, car cela relevait de la vie privée de Cécilia. »

Nous étions à Neuilly le 6 mai 2007 pour assister au vote du candidat Sarkozy. Ce jour-là, il est venu effectuer son devoir de citoyen avec deux heures de retard sur le planning prévu, accompagné des seules filles de Cécilia mais sans son épouse,

contrairement au premier tour, où Cécilia et Nicolas étaient venus ensemble au bureau de vote, tout sourire devant les dizaines de photographes présents.
Selon Rue89.com, samedi 12 mai au matin, Florence Muracciole, chef du service politique, propose deux articles concernant Cécilia Sarkozy: l’un devait décrire les tensions au sein du couple, l’autre l’affaire du « non-vote », découvert par un journaliste. Par respect de la vie privée, le directeur de la rédaction, Jacques Espérandieu, renonce à publier le premier, mais donne son feu vert au second: il rapporte un fait vérifié, et suffisamment symbolique pour valoir publication.

Samedi matin, l’article est donc mis au « menu » du journal du lendemain… Mais samedi après-midi, tout s’emballe. Jacques Espérandieu demande aux journalistes d’appeler la nouvelle « première dame » avant de publier le scoop. « Une façon de tuer l’info… », commente-on amèrement dans les couloirs du JDD. Sans surprise, Cécilia Sarkozy répond brièvement: « No comment ». Plusieurs membres de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy interviennent alors. Il s’agirait de Claude Guéant, ex-directeur de la campagne présidentielle, de Laurent Solly, ex-chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, et de Franck Louvrier, l’homme des relations avec la presse.

Espérandieu aurait résisté à ces pressions. Jusqu’au coup de téléphone d’Arnaud Lagardère, patron du groupe, qui aurait exigé que l’article soit remisé dans un tiroir. Ce qui est fait vers 20 heures…

La rédaction est sous le choc. Tous les journalistes ont en mémoire l’affaire Genestar, du nom du directeur de la rédaction de Paris Match, autre fleuron du groupe Lagardère. Il avait été viré en juin 2006 pour n’avoir pas prévenu son actionnaire d’une Une qui avait déclenché une colère noire de Nicolas Sarkozy. Le 28 août 2005, l’hebdomadaire avait en effet affiché un cliché suggestif de Cécilia Sarkozy en compagnie de son ami du moment, le publicitaire Richard Attias. Arnaud Lagardère avait attendu un an, mais il avait fini par satisfaire Nicolas Sarkozy, qu’il a un jour désigné comme « son frère ».

Voir aussi sur notre site le reportage réalisé sur Nicolas Sarkozy , le 6 mai 2007

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