Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de rendre illégaux les parachutes dorés. Le futur Président de…

Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de rendre illégaux les parachutes dorés. Le futur Président de la République s’était certainement avancé trop à l’aveugle sur le sujet. Il n’est plus en mesure, aujourd’hui, de tenir sa promesse

Nicolas Sarkozy semble se confronter à la première impossibilité de tenir une promesse émise pendant et après la campagne présidentielle. Comme une grande majorité des candidats, il s’était scandalisé des indemnisations touchées entre autre par Noël Forgeard, ancien coprésident exécutif d’EADS, s’élevant à plus de 8 millions d’euros alors que la société était présentée comme étant en difficulté financière. Toujours comme d’autres candidats, Nicolas Sarkozy avait promis une suppression de ces parachutes dorés, une interdiction, parlant même le 12 avril dernier, sur Europe 1, d’illégalité. Mais, contrairement aux autres candidats, l’ancien ministre de l’Intérieur est devenu Président de la République et doit maintenant tenir ses promesses.
Le 18 mai, seulement quelques jours après son élection, le nouveau chef de l’Etat se rendait à Toulouse pour rencontrer notamment les salariés d’EADS. « Je souhaite qu’on puisse rendre illégale la pratique des golden parachutes » a-t-il poursuivi, sur le même chemin. Seulement, Nicolas Sarkozy n’avait certainement pas imaginé que de rendre illégales de telles pratiques était quasiment impossible. Généralement, la clause est contractuelle et compense le départ en tant qu’assurance chômage.
Le président a donc pris conscience que de passer par la voie légale pour interdire totalement les parachutes dorés serait bien compliqué. Si bien que, désormais, le projet de loi de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, parle d’encadrement et non plus d’illégalité. Il essaye maintenant de légiférer autour des parachutes dorés. « Leurs indemnités de départ seront donc soumises […] à des conditions de performances strictes, dont le respect sera contrôlé par le Conseil d’Administration de l’entreprise » a assuré la ministre dans son discours devant l’Assemblée Nationale. « De plus, l’Assemblée Générale des actionnaires pourra procéder à un vote spécifique sur l’attribution de ces indemnités. »
Le projet de loi ne prévoît donc ni suppression du parachute doré, ni illégalité. Les indemnités de départ seront visiblement fixées en fonction du mérite, principe cher à Nicolas Sarkozy.

Martin Baumer
Angélique Boilet
Clément Magnin